Après un dégât des eaux ou un incendie, l’erreur la plus fréquente est de vouloir aller trop vite. On veut effacer les traces, retrouver une maison normale, et on lance les travaux avant que le dossier soit cadré ou que les murs soient secs. Voici comment ça se déroule réellement, dans l’ordre.
1. Les premières heures : sécuriser et limiter
Coupez l’eau ou l’électricité selon le cas, évacuez ce qui peut encore être sauvé, bâchez une toiture ouverte, ventilez. Ces mesures conservatoires ne sont pas facultatives : la plupart des contrats vous obligent à limiter l’aggravation des dommages. En cas d’incendie, les pompiers doivent avoir sécurisé les lieux avant que quiconque y retourne.
Prenez des photos. Beaucoup. Avant de déplacer ou de jeter quoi que ce soit. C’est la pièce la plus utile de votre dossier, et personne ne pourra la reconstituer plus tard.
2. La déclaration
Prévenez votre assureur rapidement. Les contrats belges prévoient généralement un délai de déclaration de huit jours, plus court encore pour certaines garanties. Un appel le jour même reste le réflexe le plus sûr : c’est votre assureur qui sait ce que couvre votre contrat et qui lance la procédure.
3. L’expertise
Pour un sinistre modeste, l’assureur peut régler sur simple devis. Au-delà d’un certain montant, il mandate un expert qui vient constater les dégâts, en déterminer la cause et chiffrer l’indemnisation. Ne jetez pas les éléments endommagés avant son passage, et ne lancez pas les travaux de remise en état.
Vous avez le droit de vous faire assister par votre propre expert, souvent couvert par votre protection juridique. C’est utile quand le montant proposé et la réalité du chantier s’éloignent trop.
4. Le séchage, l’étape qu’on voudrait sauter
Après un dégât des eaux, un mur maçonné met trois à huit semaines à sécher, parfois davantage en hiver. Un plafonnage posé sur un support encore humide cloque, jaunit et se décolle. Nous mesurons l’humidité résiduelle avant de refermer, même quand tout le monde est pressé.
Après un incendie, l’étape équivalente est le traitement des suies. Elles sont acides, elles s’infiltrent partout et elles continuent d’attaquer les surfaces. Repeindre par-dessus fait revenir l’odeur au premier jour humide.
5. Le devis, puis les travaux
Le devis doit être détaillé poste par poste, pour que l’expert puisse vérifier chaque ligne et que vous sachiez exactement ce qui est couvert. C’est la manière dont nous chiffrons systématiquement une remise en état après sinistre, que ce soit pour un dégât des eaux ou une remise en état après incendie.
Un point à savoir : c’est vous qui choisissez votre entreprise. L’assureur peut proposer un réparateur de son réseau, il ne peut pas vous l’imposer.
Les questions qui reviennent
Qui paie quoi ?
L’assurance indemnise les dommages couverts, déduction faite de la franchise et, selon les contrats, de la vétusté. Les améliorations que vous souhaitez ajouter au passage restent à votre charge. C’est souvent le bon moment pour les faire, puisque le chantier est ouvert.
Combien de temps dure un dossier ?
Comptez quelques semaines entre la déclaration et l’accord, puis la durée du séchage, puis celle des travaux. Pour un dégât des eaux sur une pièce, l’ensemble se compte en deux à trois mois. Pour un incendie qui touche plusieurs niveaux, en six mois ou plus.
Et si le sinistre vient du voisin ?
C’est fréquent en appartement et en maison mitoyenne. Vous déclarez chez votre propre assureur, qui se retourne ensuite vers celui du voisin. Vous n’avez pas à attendre que les deux compagnies se soient entendues pour faire constater vos dommages.
Informations générales à jour en septembre 2026. Les délais, franchises et garanties dépendent de votre contrat : votre assureur reste la référence pour votre situation.